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Congo-Brazzaville: le général Mokoko condamné à 20 ans de réclusion

Écrit par  12 mai 2018

L'ancien candidat à la présidentielle de 2016 a été condamné ce vendredi soir par la cour d'appel de Brazzaville à 20 ans de prison ferme. Même peine pour ses sept co-accusés. L'ancien chef d'état-major a été reconnu coupable d'atteinte à la sûreté intérieure et de détention illégale d'armes et munitions de guerre.

C'est le visage fermé que Jean-Marie Michel Mokoko a accueilli ce verdict, regardant le président de la cour dans les yeux, impassible, lui qui ne s'est quasiment pas exprimé au cours de ce procès.

L'ex-chef d'état-major, âgé de 71 ans, a dû rapidement quitté la salle d'audience pour être ramené en cellule, le temps tout de même d'échanger un léger sourire désabusé avec ses avocats et de serrer la main de quelques proches.

Très peu de réactions dans la salle. Il faut dire que les accès étaient strictement contrôlés.

Les sept co-accusés du général, six Français et un Congolais présenté comme des mercenaires écopent de la même peine, mais par contumace, car ils n'étaient pas présents à l'audience. Tous ont été reconnus coupables d'avoir ensemble tenté en 2006, 2007, 2015 ou 2016 de porter atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, « soit dans le but de détruire ou changer le gouvernement, soit en incitant les citoyens à s'armer contre l'Etat congolais ».

« Un procès politique », pour ses partisans

Tous devront également un franc symbolique à l'Etat constitué partie civile dans ce dossier au titre de dommages et intérêts. Il a suffi de deux heures à la cour pour délibérer cet après-midi, sans surprise là non plus, puisque ni le général Mokoko, ni ses avocats n'ont pris la parole. Il n'y a donc eu aucun débat contradictoire à ce procès et seule l'accusation s'est exprimée ce matin au cours des plaidoiries.

Ce verdict n'est pas une surprise a réagi Jean-Paul Bouiti, le porte-parole de la composante J3M, formée en 2016 pour soutenir la candidature à la présidentielle du général Jean-Marie Michel Mokoko. Même si, ajoute-t-il, « 20 ans, c'est beaucoup ». 

« Sur le principe, on s'y attendait, explique-t-il, l'affaire ne faisait pas de doute. On assume. Parce que les enjeux ici sont des enjeux collectifs, pour ne pas dire nationaux. Même si les gens ont tenté de nier que ce procès soit un procès politique, il en est un, avec toute la couverture juridique qu'on a mise en place pour tenter de faire passer ce procès pour un procès de droit commun. Il est évident qu'avec une condamnation de 20 ans dans son casier judiciaire, tout avenir politique est refusé au général Mokoko. C'était ça, fondamentalement, le but : que soit écarté un adversaire politique qui avait réussi à obtenir la légitimité populaire aux dernières élections. »